06/12/2007
Gérer les émotions ne suffit pas...
Prévention des catastrophes: L'émotion et puis...rien
20:15 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, europe, sécurité, catatstrophe, politique
03/11/2007
Qui ne le savait pas?
Selon un audit de l'inspection des Finances, les forces de l'ordre chargées de la sécurité routière ne sont pas adaptés à la réalité des accidents et ne sont pas là... où il faudrait.

Des policiers effectuent des contrôles de vitesse (F.Cepas, D.S.C.R.)
L'audit consacre un chapitre entier à l'organisation de la sécurité routière conseillant différentes manières de l'améliorer et d'économiser des emplois de policiers et de gendarmes.
Pas adaptés à la réalité
Le rapport suggère que les forces de l'ordre s'adaptent à la réalité des accidents. Policiers et gendarmes "ne sont pas concentrés sur les zones les plus dangereuses", écrivent les auteurs de l'audit, relevant qu'ils étaient, en revanche, en "majorité" sur "les autoroutes et les zones urbaines". Or, selon l'audit, c'est sur le réseau secondaire, en zone rurale, qu'il y a "plus de 65% de morts". Un tiers des forces sont en zone rurale pour deux tiers de la mortalité, soulignent les auteurs. Les forces "consacrent une part importante de leur activité à d'autres missions", escortes ou maintien de l'ordre, "au détriment des contrôles routiers" ajoute-t-il. Elles n'auraient "pas tiré toutes les conséquences de l'automatisation des contrôles de vitesse" et "pas suffisamment adapté leurs pratiques à la mise en place des radars automatiques".
Décalage
76% de ces radars, sont installés sur les autoroutes (où il y a 6% du nombre de tués) et sur les routes nationales (18% de tués). Les contrôles d'alcoolémie, première cause des accidents de la route, "ne sont pas à la hauteur de l'enjeu", poursuit l'audit, qui précise qu'ils sont moins importants que ceux liés à la vitesse, "pas assez ciblés" et différents d'un département l'autre.
L'audit affirme que les phases de contrôles routiers sont "décalées par rapport à celles de la délinquance routière", notamment la nuit "qui représente 10% du trafic mais 35% des blessés hospitalisés et 44% des tués". "Les forces de sécurité sont peu présentes au cours de la nuit".
PETIT RAPPEL:Selon un document officiel de l’Etat révélé par le magazine Auto Plus, les policiers ne sont pas en mesure de régler correctement les radars fixes ou mobiles. Avec à la clé des risques de PV injustifiés. Les radars français sont à nouveau dans le collimateur. Après les plaintes des automobilistes qui se sentent parfois piégés, c’est au tour de l’Etat de critiquer ses propres appareils, mal réglés, et dont la fiabilité des mesures laisse à désirer.
Selon le journal Auto Plus, le secrétariat général de l'administration de la police de la préfecture de la zone de défense Est (Metz) a réalisé en 2006 un rapport édifiant qui démontre d'importantes « erreurs de mesure » des radars de vitesse, qu’ils soient fixes ou embarqués.
15:10 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, automobile, routes, police, gendarme, société, sécurité
27/08/2007
La tragédie grecque et le « SOS d’Athènes » : Pour un « Eurocorps » des Sapeurs-Pompiers
Editorial RELATIO par Daniel RIOT: Les feux. Encore… Après la Croatie (les pierres de Dubrovnik léchées par des flammes d’enfer), voici la Grèce transformée en fournaise. Avec des forêts, ces poumons de la planète, sacrifiées et des morts : près d'une soixantaine déjà et ce bilan, le plus catastrophique depuis des décennies, s’alourdit d’heure en heure, en raison de la centaine de foyers poussés par les vents vers des villages et des villes. Y compris vers le site d'Olympie,sauvé de peu des flammes lucifériennes.

Athènes menacée par Vulcain qui se venge de sa laideur et de son cocufiage. (Venus et Mars, déjà…). L’Olympe dans les brasiers toujours difficiles à maîtriser depuis l’audace insensée de Prométhée et son éternelle rivalité avec Lucifer. Voler le feu dans le char du Soleil pour le transmettre aux Hommes : vitale mais redoutable responsabilité.
«Nous livrons une lutte inégale sur beaucoup de fronts, dans des conditions particulièrement difficiles», a admis le Premier ministre grec Caramanlis, en décrétant l’état d’urgence, en accusant légitimement des mains criminelles encore à identifier, et en attendant une aide européenne comme Prométhée au foie dévoré attendait Héraclès dans sa prison à ciel ouvert du Mont Caucase…
Les Européens arrivent, bien sûr. De plusieurs pays, notamment de ceux habitués aux feux de l'été. Généreux et compétents, les secours mais lents. Armés de bonnes intentions, les secouristes, mais faibles de leur morcellement, de leur manque de coordination, de leurs défauts de structures d’alertes et d’interventions. Et de cette lâche imprévoyance des responsables politiques européens, toutes tendances confondues, qui, sauf dans les moments d’émotion (gonflée par les rites cathodiques) suscités par des événements incontrôlés qui font de bonnes images à la télé…Le bon sens européen brûle-t-il ?

Comment ne pas comprendre en ce dernier week-end d’août, que les raisins de Corinthe, soient aussi ceux de la colère ? Et que le Péloponnèse, théâtre d’une nouvelle guerre moderne, soit furieux de servir de décors à une superproduction d’un « Apocalypse Now » qui nous rappelle que la bêtise peut être terroriste et que l’imprévoyance peut être criminelle.
Bêtise terroriste: elle est, en l’occurrence, européenne. Créer pour la paix, l’Union ne s’est pas encore donnée les moyens d’assurer sa paix intérieure. Pas d’Europe de la sécurité civile, pas d’Europe de la protection civile, pas d’ « armée » européenne de la sûreté intérieure…
Imprévoyance criminelle: elle est aussi européenne. Pourtant, après chaque catastrophe, naturelle ou humaine, tout le monde jure « croix de bois croix de fer » que tout sera fait pour que la « solidarité européenne » s’affirme concrètement, sur le terrain, en tout en pour tout…Relire, revoir, réécouter tout ce qui a été dit après chaque inondation « catastrophique », chaque incendie « catastrophique », chaque accident « catastrophique », chaque attentat « catastrophique », chaque épidémie « catastrophique », chaque séisme « catastrophe », chaque naufrage « catastrophique », chaque « marée noire catastrophique »…
Oh ! Bien sûr, chaque ou presque, leçon est tirée, progrès est réalisé : meilleure coordination, meilleure harmonisation, meilleur échange d’informations, meilleure coopération…Cela rassure et donne bonne conscience…Certaines initiatives (dans le cadre de la coopération transfrontalière par notamment ou en matière de sécurité nucléaire) sont pertinentes et appréciables. Des « plan ceci » ou « plan cela » ont démontré leur utilité. Et des accords extra-européens (en Méditerranée, par exemple) valent d’être loués.
Mais qui ne connaît pas les limites de la seule coopération, de la seule concertation, de la seule addition de bonnes volontés et de la seule juxtaposition d’ « accords partiels »?
Contrairement à une idée trop répandue, ce n’est pas un réflexe souverainiste ou idéologique qui empêche la mise en place au niveau européen de structures nées de la seule nécessité aux niveaux locaux et nationaux : c’est un réflexe de conservatismes et de corporatismes…
Cela a été vrai (et le reste) au niveau des universités (moins « européennes » qu’au Moyen-âge) et de la recherche : cela est flagrant au niveau des services de police, de justice et de protection civile. Voilà des années que j’ai pu vérifier cette triste réalité : l’esprit de corps empêche trop souvent de donner corps à l’esprit…

Un « Eurocorps » des sapeurs-pompiers, des urgentistes, des secouristes ? Du simple bon sens…Un « service civil volontaire européen » ? Du simple bon sens… Il y a, certes, quelques amorces, quelques expériences, quelques embryons, quelques velléités…mais rien d’ample, de grand, de mobilisateur. Rien qui permette de donner toute son efficacité à la « dimension européenne ». A croire que bien des ONG ont des capacités d’innovation et d’organisation plus fortes que les OG…
Les projets, pourtant, n’ont pas manqué et ne nécessitent pas des travaux de préparation digne d’Hercule, des négociations sans fin qui transforment leurs acteurs en Minotaures prisonniers de Dédale, des ressources financières introuvables.
Michel Barnier, en juillet, a tenté de relancer l’idée (trop simple sans doute pour être prise au sérieux par les « bureaux » qui nous gouvernent) d’une force d’intervention rapide européenne en matière de protection et d’assistance civile.

Mais où l’a-t-on entendu ? Pourtant, même sur un strict plan industriel, les fabricants européens de matériels de sécurité et de secours auraient intérêt à une harmonisation des normes en la matière. Les lances à incendie n’ont pas le même diamètre partout… Tout se modernise, sauf les... têtes de trop de responsables soucieux de leurs places et privilèges. "Mille ans d'histoire" pèsent...
Les sapeurs pompiers professionnels ou volontaires qu'il est politiquement incorrect de critiquer ou simplement de stimuler ont dans trop de pays de l'Union un souci des traditions qui les privent d'une partie de leurs forces d'innovation. Dieu sait pourtant (Sainte-Barbe avec lui) qu'ils comptent en leurs rangs nombre d'hommes (et de femmes) de qualité.
Mais le fait est là: ce sont eux qui devraient porter un projet de "corps européens des sapeurs-pompiers", or ce sont leurs cadres qui s'y oppposent le plus.

Il se trouve que ces dossiers et ces projets m’intéressent depuis longtemps. En citoyen, en journaliste et en militant européen déclaré. Ces idées avaient été lancées avec Jean -Marie Caro dans le cadre de l'UEO dans les années 80… Mais les spécialistes de la défense, à quelques exceptions près, pensent « militaire », non « civil » : les uniformes des sapeur pompiers n’ont le prestige de ceux des héros (ou des martyrs) des champs de batailles…. Pour nos stratèges, les pompiers sont aux militaires ce que les gardes-champêtres sont aux policiers…
Ces idées, je l'avais relancées en les développant, dans un livre publié en l'an 2000 : « URGENCES...112? Les pompiers! » (REP Editions). Mais les promesses politiques faites à l'époque d'une "déclaration de Strasbourg" qui constitue unvar plan d'action n'ont jamais été suivies d'effet. Même le 112, annoncé comme le numéro européen de tous les SOS n’est pas pris au sérieux : celles et ceux qui y répondent n’ont pas les mêmes champs de compétences d’un pays à l’autre… Il est vrai que le marché intérieur si vanté est toujours privé de prises électriques identiques : c’est le plus vieux dossier non réglé de la vie « communautaire »… Il est des secteurs où « subsidiarité » rime décidément avec stupidité.
Elle est pourtant là, cette « Europe concrète » qu’on appelle si souvent d’une façon incantatoire et…abstraite ! Et elle n’a rien d’impossible à construire. L’Union vient, en pleine période de vacances, de démontrer, à propos de « l’eurotarif » des téléphones mobiles, qu’elle sait agir vite et bien pour le plus grand bénéfice des consommateurs-citoyens… Quand le dessein est clair, le dessin est facile
Je commentais sur RELATIO l’initiative de Michel Barnier en écrivant : « Allô Sarko? Lui qui joue les pompiers sur tous les fronts et qui aime tant l'action devrait bondir sur l'idée de son ministre. La protection civile, c'est sécuritaire et les pompiers, c'est bon pour la popularité, non? » Je persiste et signe. Je récidive, puisque le mot fait tilt en ce moment dans les sphères gouvernementales françaises, où la gouvernance par l’émotion va finir par défier la raison…
Daniel RIOT
Sur INTERNET (sélection NouvelObs)
09:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, grèce, pompiers, incendie, sécurité, pompier
04/11/2006
Carnet de campagne: "L'Ordre juste"
Ah ! cette sémantique… Face aux maux : les mots.
Mots du jour : « l’Ordre juste ».Maux permanents: "Les désordres injustes".COMMENTAIRE.....
Qui est le premier (ou la première) à sortir cette « formule » qui dit tout et rien à la fois? « L’Ordre » ? Qui est contre ? L’anarchisme n’est plus en vogue…Et les désordres sont les pires facteurs de déstabilisations sociétales, d’inégalités sociales et … d’injustices… La « Justice » ? C’est plus complexe. Le vice-président de l’association « le Droit pour la Justice » que je suis, le sait (trop) bien. : Le Droit devrait être le bras armé de la Justice. Ce qu’il n’est pas, ou plus, ou (pire) de moins en moins…
C’est drôle, pour un esprit ouvert à l’humour le plus noir, de voir Sarko et Ségo se « battre » autour de cette « expression » vidée de son sens par sommeil des valeurs…
Je résume… en faisant un « copier-coller » d’infos reprises par les agences de presse et les sites d’info du type Nouvel Obs ou Le Monde … Comme tout se trouve partout, il ne doit pas y avoir de copyright ….
« L'expression d'"ordre juste" est revendiquée à la fois par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, en effet…..
>>>>> Selon la candidate à l'investiture socialiste, l'"ordre juste", quand il est employé par le ministre de l'Intérieur, est une "formule" et un "aveu d'échec" pour le ministre de l'Intérieur…. Diablesse… Quelle sévérité !
"Je crois que mes préoccupations commencent à se faire entendre", a-t-elle déclaré à l'issue d'un entretien avec le président irakien Jalal Talabani dans un hôtel parisien. Répondant à une question sur l'"hommage" que lui fait son rival politique en utilisant cette expression qui lui est chère, elle a répondu : " Je pense que pour lui, c'est une formule, alors que pour moi, derrière cette idée, il y a aussi toute une série d'actions politiques qui se déclinent dans tous les domaines de la vie publique".
Selon la présidente de Poitou-Charentes, l'"ordre juste" est "un concept éminemment de gauche"."Si M. Sarkozy reprend mon projet d'ordre juste, c'est d'une certaine façon un aveu d'échec de sa part, car le résultat de sa politique, c'est le désordre injuste"(…)"L'ordre juste consiste à mettre en place des règles qui s'appliquent à tous pour permettre à chacun - et non pas seulement à quelques-uns - d'être plus libre, en bénéficiant de sécurités durables » (…)"L'ordre juste ce n'est pas, comme le fait M. Sarkozy, de dresser les gens les uns contre les autres et notamment de dresser la justice contre la police, et la police contre les jeunes, mais au contraire de mettre en place des repères d'autorité cohérents entre la famille, l'école, le quartier, la police et la justice"
>>>> Nicolas Sarkozy, de son coté, a promis "l'ordre juste" en France et s'est engagé à "mettre le paquet" pour sécuriser les lignes de bus dans les zones sensibles et punir les agresseurs de conducteurs. Le ministre de l'Intérieur s'exprimait sur le thème de la sécurité dans les transports, ce vendredi 3 novembre lors de la visite d'un dépôt de bus en banlieue parisienne, à Villepinte, en Seine-Saint-Denis."Je suis pour l'ordre juste, car il n'y a pas de justice possible sans ordre", a déclaré le numéro deux officiel ( ?) du gouvernement. Aux journalistes qui lui ont fait remarquer que l'expression "ordre juste" était un des slogans de campagne de Ségolène Royal, il a répondu : "Ca fait bien longtemps que j'ai employé ces mots".L'entourage du ministre a souligné qu'"il n'y a pas de copyright" à propos de cette expression.
>>> Peut-être faudrait-il mieux étudier, affiner et utiliser les « formules » utilisées… « Pas d’Ordre sans Justice ». Qui pourrait raisonnablement s’y opposer ? Si la « justice » n’est pas en « ordre ». Pas d’ « ordre » imposable sans une Justice qui s’impose. Qui pourrait dire le contraire ? Encore faut-il un gouvernement qui « en » impose. Par son autorité (qui n’a rien à voir avec l’autoritarisme), par sa crédibilité (qui n’a rien à voir avec son impact « médiatique »). Par son « sens de l’Etat » et non son « carriérisme » électoral.
Ségo et Sarko se battant sur le même terrain des mots, ce n’est guère réjouissant pour la guérison de nos maux, si l’une et l’autre émergent en « candidats » pour des fonctions suprêmes que ni l’une ni l’autre ne sont, dans l’Ordre et la Justice, certains de pouvoir bien assumer.
Il y a plus et mieux que l’Ordre et la Justice. Il y a l’Ordre « juste », fondé sur l’esprit de justice. Et il doit y avoir le « droit au service de la Justice » qui seul peut assurer un « ordre juste » et /ou une « justice ordonnée ». En l’état, le Droit sert trop à trahir « l’esprit de justice ». Cet esprit qui ne prend corps et consistance que dans les réalités affrontées et non esquivées.
Bayrou, dans son programme, a-t-il de vraies réponses aux défis actuels de ce qui est l’un des coeurs de nos réalités ? J’attends de voir et de savoir… Les désordres et les injustices : deux mots plus réalistes que ceux sur lesquels Sarko et Ségo se battent en jetant de la poudre aux yeux : « l’ordre juste » promis s’inscrit dans la continuité des « désordres et des injustices »….La bataille du «"Droit pour la justice "est la seule qui peut assurer « l’Ordre dans la Justice » et « la Justice » dans l’Ordre »…
Bref,un mot d'ordre "juste" qui ne soit pas juste qu"un injustuce "mot d'ordre"...Qui mettra la réforme la Justice au coeur de son programme présidentiel et législatif.? De Bruay-en -Artois à Ourteau en passsnt par la Vologne, peu (trop peu) de progrès...On attend qui et quoi ? Un Outreau-sur-Vologne ? Ou la disparition de journalistes de la trempe de Denis ROBERT, cet empêcheur de magouiller en rond...Chantal Cutajar a raison,(au moins) sur unpoint:: L' Europe de la Justice et la Justice en Europe dépendent d'engagements politiques forts à tous les niveaux, du local à l'international...
16:10 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, Segolène, Sarkozy, sécurité, Bayrou
24/10/2006
Les "Banlieues" un an après... Un terrible constat de carence et d'impuissance. Sarkozy devrait être "démisionné"
Ah ! Ces banlieues…Un an après l’un des embrasements les plus spectaculaires et les plus graves, Sarkozy dénonce l’esprit de « commémoration » dont , paraît-il, les médias feraient preuve …comme s’ils voulaient rallumer le feu. Visiblement, cet « esprit de commémoration » mobilise de nombreux services de la place Beauvau et de bien des préfectures.
Le Figaro, qui n’a rien d’un journal pyromane-pompier, a publié des extraits d’un rapport des RG Qui mérite citations :
>>> « C'est le 27 octobre de tous les dangers. Il y a un an, deux jeunes mouraient électrocutés dans un transformateur après une course-poursuite avec la police, à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. L'affaire fut à l'origine de trois semaines d'émeutes. Une guérilla urbaine généralisée qui obligea l'État à recourir au couvre-feu pour rétablir l'ordre, comme lors de la guerre d'Algérie. Ce scénario catastrophe, les autorités veulent croire qu'il ne se reproduira pas. « Il n'y a pas, à ce jour, de signes avant-coureurs d'une nouvelle émeute », assure ainsi Nicolas Sarkozy. ». Une introduction factuelle rassurante…
>>> « Le climat reste explosif. (…) Le dernier rapport confidentiel des Renseignements généraux, daté du 11 octobre, (…) sobrement intitulée « État des lieux dans les quartiers sensibles ».indique que « la plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective, sur une grande partie du territoire métropolitain, sont toujours réunies ». Et ils alertent sur le cas particulier de l'Ile-de-France qui leur « inspire les plus vives inquiétudes »
>>> Depuis quinze jours, l'Intérieur sur le qui-vive. Dans le contexte de pré-campagne présidentielle, le ministre de l'Intérieur pense que le moindre dérapage, même verbal, pourrait être exploité par ses adversaires pour remettre le feu aux poudres. Après les agressions contre des agents à Corbeil, aux Mureaux ou à Epinay, des consignes de prudences ont été données : les policiers ne doivent plus trop se montrer, pour éviter les tensions.
>>> La Place Beauvau ajuste son dispositif de sécurité. « Toute la difficulté consiste à trouver le bon équilibre : ne pas sur-réagir à l'événement et, en même temps, ne pas le sous-estimer », explique un proche du ministre. Pas moins d'une cinquantaine d'unités des forces mobile seront mobilisées, sans compter la Sécurité publique. « En cas de pépin, il faudrait savoir gérer l'événement dans la durée, sans épuiser toutes nos forces d'emblée », prévient un préfet.
Dans le même temps, les incidents se multiplient avec les mineurs. Je cite encore Le Figaro : « Les événements de ces derniers jours mettent en scène des délinquants de plus en plus jeunes. Ils cherchent désormais la confrontation directe avec les représentants de l'autorité. Les actes de violence urbaine sur les six premiers mois de l'année ont dépassé les 50 000 faits, évoluant à un rythme supérieur à celui de l'an dernier. La Seine-Saint-Denis connaît une hausse exponentielle des atteintes aux biens et aux personnes, « comme si quelque chose s'était enrayé », commente le criminologue Alain Bauer » »
Qu’en conclure ? Quoi qu’il arrive, c’est un constat d’échec, pour le gouvernement en général et pour Nicolas Sarkozy en particulier. Les discours ne suffisent pas, surtout quand ils sont plus provocateurs que guérisseurs. Et les questions des banlieues ne se résument pas à un simple problème de maintien de l’ordre et de contrôle républicain de territoires.
J’avais écrit, sur mon blog, et sur Agoravox, un article qui dénonçait les « cinq erreurs « de Sarko dans et sur les banlieues. Des erreurs qui étaient et sont des fautes. Je persiste, signe et insiste. Le feu, il n’est pas dans les banlieues, il est dans la République, au ministère de l’intérieur et à l’UMP. Tout commence par l’expression « guerre des banlieues » (par Sarkozy utilisée). Tout se poursuit par les promesses non tenues : qui parlait d’une « plan Marshall pour les banlieues » ? Et tout passe par un constat qui ne concerne pas que les banlieues : les gouvernements (et pas seulement celui de De Villepin-Sarkozy) ne jouent pas assez sur toutes les touches du « piano économico-social » pour résoudre les problèmes de notre société. C'est la "pensée complexe" d'Edgar Morin et de Castoriadis qu'il faur mettre en apllication... Il est vrai que l’instrument préféré, actuellement, c’est le piano médiatique, décrié mais utilisé…
Il ne suffit pas de dénoncer la banalisation de la violence et l’aggravation (l’escalade) de cette violence, il faut attaquer ces maux à la racine….. Sarkozy fait comme s’il voulait briser la spirale de la haine et la violence en pratiquant d’une façon irresponsable l’amalgame, la confusion, et les petites phrases démagogiques qui font mal … Quand le chef de toutes les polices devient le premier procureur dans les procès faits à la justice, ce n’est pas seulement la solidarité gouvernementale qui est en cause : c’est la République qui est contestée... Au plus haut niveau. Le Pen n’a rien à dire : il engrange sans rien faire. Et sa fille a raison de sourire... Monsieur Sarkozy ne roule-t-il pas pour eux, bien involontairement, d’une certaine façon ?
Dominique de Villepin l’ a dit non sans pertinence : on ne peut pas se résigner à des débats (ou plutôt des conduites) du type médiatico-démagogique : « Je me refuse à considérer qu’il y a une fatalité à ce que l’emportent la démagogie, le populisme, l’image. »
Si l’on voulait être logique, un an après, Sarkozy ne devrait pas être mis en situation de décider de la date son départ du gouvernement : il devrait être « viré ». Pour incompétence, incapacité, et défaillance…
Excès de sévérité ? Non. La politique-marketing est « politichienne », comme disait de Gaulle, non Politique, au sens noble du terme. C’est un Politique d’Etat qu’il nous faut. Sérieuse. Au-delà des démagogies et des réflexes sécuritaires qui n’assurent en rien la Sécurité. Jouer sur les peurs n’est pas vaincre les peurs. Or, vaincre ses peurs, c’est devenir adulte.
Rompons avec la spirale de l’infantilisation de la société ! Plus facile à dire qu’à faire ? OK. Mais la Politique, avec un grand P, c’est l’art de relever les défis les plus difficiles…
Mais qui oserait publier ce type de commentaire, hors Internet? RSF (reporter sans frontières) a raison : en matière de liberté de la presse (donc d’opinions), la France est en pleine régression….et pas seulement à cause des pressions « islamistes » et autres.
20:30 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, Sarkozy, banlieues, sécurité
06/10/2006
"BANLIEUES": Les cinq grandes erreurs de Nicolas Sarkozy
« Nicolas Sarkozy doit être prudent, car les vainqueurs de septembre ne sont pas toujours les vainqueurs de mai ». C’est Jean-Pierre Raffarin qui le dit. Et il n’a forcément tort…Surtout si Sarkozy, à force de trop en faire en moulinets et pas assez en actions continue à faire quelques bourdes qui irritent les plus « gaulliens » de l’UMP sans séduire l’électorat d’extrême-droite…
Dans sa « guerre des banlieues » (quelle vilaine et dangereuse expression !), le ministre d’Etat a commis cinq grandes ou grosses erreurs,
1) Il a raison de vouloir qu’il n’y ait plus de « territoires « nationaux qui échappent à « l’ordre républicain », mais il a tort de réduire cet ordre aux forces du même nom Il est aussi ministre de l’Aménagement du territoire, non ? Jean-Louis Borloo joue (bien) les pompiers. Mais c’est de constructeurs dont ces « quartiers » diabolisés ont besoin…La France souffre d'un manque de 1,5 millions de logements dont la moitié doivent être qualifiés de "sociaux".
2) Il a raison, comme à Cachan, de faire respecter des décisions de justice, mais il le fait souvent tardivement et maladroitement. Déloger les gens sans assurer au préalable leur relogement, c’est une faute de bon sens, une erreur humaine et un crime humanitaire. Reporter ses propres faiblesses, insuffisances et inconséquences sur les collectivités locales, des associations « politisées » et d’autres « bouc émissaires » est un acte de lâcheté et de démagogie… D'injustice, surtout. L' Abbé Pierre dénonçait en 1954 une situation qui pouvait s'expliquer. Celle d'aujourd'hui est plus que scandaleuse et inadmissible.
3) Il a raison, en cette ère où le paraître l’emporte sur l’être, et où le « faire-savoir » est plus « important que le « savoir-faire », de jouer sur le clavier médiatique, mais il a tort de dépasser les bornes de la décence, de la bienséance et des …règles républicaines. Comment ne pas comprendre que des magistrats, des policiers et des… journalistes ne s’interrogent pas en termes d’éthique, de droit et d’efficacité contre les ridicules interventions policières délibérément, outrageusement et bêtement médiatisées… A quand des opérations, avec caméras et micros, contre la délinquance en cols blancs, contre le crime organisé, contre les réseaux mafieux ? Que dit Sarkozy du dixième anniversaire de « l’appel de Genève » des magistrats ? Un pestiféré, Denis Robert ? Un « Voyou » ? La pire des « racailles » n’est pas que dans les « banlieues »…Elle ne se résume surtout pas au mot "immigré"....
4) Il a raison de tenter de répondre au besoin de sécurité des Français, mais sa dénonciation permanente de l’insécurité est un auto-constat d’échec personnel… C’est SA politique qui est en échec. Il en est coupable et responsable et il se pose en victime et en héros… C’est Guignol au pays des « Guignols ».
5) Il a raison de dénoncer la banalisation de la violence et l’aggravation (l’escalade) de cette violence, mais peut-on briser la spirale de la haine et la violence en pratiquant d’une façon irresponsable l’amalgame, la confusion, et les petites phrases démagogiques qui font mal…Quand le chef de toutes les polices devient le premier procureur dans les procès faits à la justice, ce n’est pas seulement la solidarité gouvernementale qui est en cause : c’est la République qui est contestée….Au plus haut niveau. Le Pen n’a rien à dire : il engrange sans rien faire. Et sa fille a raison de sourire... Sarko ne roule-t-il pas pourr eux, bien involaontairement, d'une certaine façon?
Comme dit Dominique de Villepin, on ne peut pas se résigner à des débats (ou plutôt des conduites) de ce type : « Je me refuse à considérer qu’il y a une fatalité à ce que l’emportent la démagogie, le populisme, l’image ».
14:00 Publié dans Edito, Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, sarkozy, banlieues, sécurité
30/09/2006
La bévue de Sarkozy à la conférence de Madrid sur l'immigration
21:41 Publié dans Edito, Europe, Présidentielles 2007: carnet de campagne, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, immigration, sécurité, sarkozy, politique










