01/08/2007
Alzheimer: Sarkozy va "mettre le paquet"...mais avec quoi et comment?
Un Plan Alzheimer ? Oui, bien sûr. Il le faut. Pour améliorer ce qui doit l’être, dans l’accueil des malades, dans l’accompagnement des proches, dans les dépistages (de bons progrès ont été accomplis) et pour donner aux chercheurs les moyens qui leur manquent. Pour ces maladies plus encore que pour d’autres, l’avenir est dans les labos, le salut ne peut venir que de la recherche.
Ce n’est pas le Président d’AREMANE, Association pour la recherche sur les maladies neurodégénératives, que je suis, qui dira le contraire. C’est à la fois affaire de moyens et de méthodes.
Mais comment oser mettre en parallèle ce plan et les mesures qui doivent être prises pour réduire les déficits de la sécurité sociale et l’augmentation inéluctable des dépenses de santé, inéluctable en raison des évolutions démographiques ?
Cela porte atteinte à la crédibilité de l’annonce du « plan » : souvenirs d’une époque où les vignettes auto allaient servir à améliorer la situation des personnes âgées…D’ailleurs, si l’on en croit les premières estimations, ces mesures ne rapporteront qu’1 milliard d’euros alors que le déficit sera de 6,5 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes». Alors que restera-t-il pour (ou plutôt contre) Alzheimer et les cancers. Avec quoi allons-nous « mettre le paquet » ?
Cela entraîne aussi des critiques bien légitimes dont il vaudrait mieux politiquement se passer si l’on veut que les budgets santé du pays soit effectivement l’affaire de tous. La forme rejoint le fond. En l’occurrence, Sarkozy, célébré dans les magazines comme l’un des personnages « les mieux habillés de la planète » (sic) manque d’élégance…
Comment en effet ne pas être d’accord avec le PS sur ce point : le gouvernement «utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale ». Et il est logique que les socialistes (et d’autres) mettent ainsi en parallèle les «13 milliards de cadeaux fiscaux» voté en juillet «pour une poignée de privilégiés».
Principale annonce visée: la mise en œuvre de trois franchises médicales. A partir de l’an prochain, les patients pourraient avoir à payer, 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes sur chaque acte paramédical et deux euros sur chaque recours au transport sanitaire, jusqu’à un plafond de 50 euros par an. On calcule cela comment ?
Les familles les plus modestes devraient être exemptées mais on ne connaît pas encore le seuil. Les femmes enceintes et les « grands malades » aussi. Mais dans quelles conditions ?
Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce «la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité». «Les malades trinquent pour les malades (…), car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux», affirme le collectif qui prédit que «dans dix ans, l’assurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute d’avoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé».
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un «bouclier sanitaire» qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. Ce n’est visiblement pas la philosophie d’action qui animait Sarkozy ce mardi…
Daniel RIOT
05:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, santé, recherceh, médecine, sécurite sociale










