06/01/2007
Ségolène sur la grande muraille de Chine : conquête de la « bravitude »… pour qui ne pédale pas dans le choucroute

Culte de l’image. Toujours et encore. Ségolène, bravant le froid et le vent (comme tous les touristes qui vont à Badaling en cette époque ), et contemplant quelques mètres de cette Grande muraille de plus de 3000 kms qui en a compté 6000 voilà bien longtemps et qui demeure le symbole de l’isolement et de la puissance chinoise.
Royal y a déclamé une vielle formule impériale : « Un Chinois qui ne vient pas sur la Grande muraille n'est pas un brave et un Chinois qui vient sur la Grande muraille conquiert la 'bravitude'" »
Bravitude ! Bravo pour ce néologisme… sans doute moins chargé de double sens dans la tête de Ségolène que les mots qui dérivent de « brave »… dont le sens premier n’est le courage et l’audace, mais le fait d’être bien habillé, de se vêtir avec soins.
La bravoure est parure, toilette avant d’être assurance. La bravade n’est une qualité que pour les bravaches. La braverie fait du brave un paradeur, un fanfaron qui humilie par son étalage de luxe ou d’arrogance. Piège des mots.
Même dans son sens le plus positif, la bravoure a ses limites… «Brave qui n’est pas bon n’est brave qu’à demi », écrivait Victor Hugo…
Brave Ségolène ! Elle déjà si bien su braver celles et ceux qui la sous-estimaient et la moquaient que les vitamines de « bravitude » qu’elle prend sur la Grand Muraille qu’aucun des obstacles qui lui restent à surmonter avant le franchir le portail de l’Elysée ne va lui sembler trop grand pour elle… A condition qu’elle ne pédale pas dans la choucroute, bien sûr.

Cette image de la choucroute vient naturellement à l’esprit quand on se souvient que c’est sur la Grande Muraille que la choucroute a été inventée, par hasard…
Point d’histoire (cela sert à cela aussi le tourisme) : Les millions d'ouvriers chinois isolés dans les montagnes pour construire ce monument se nourrissait d’une plante alors inconnue en Europe : le choux qui avait l’avantage de se conserver grâce à la saumure… Lors d'un hiver particulièrement rude, les ouvriers chinois durent redescendre dans les plaines en abandonnant leur chantier et ses réserves alimentaires (dont du choux). La neige recouvrant les choux, ceux-ci se trouvèrent à l'abri de l'air et fermentèrent ce que les ouvriers découvrirent à leur retour - le goût avait changé mais le produit était consommable - le choux aigre était découvert. (sauerkraut en allemand, surkrut en alsacien).
En se heurtant à la grande muraille de Chine, infranchissable, les " barbares " repartirent vers d'autres conquêtes, en direction de l'Europe de l'Ouest. Depuis l'Asie, Huns Tartares et Mongols traversent l'Eurasie avec leur trouvaille du choux transformé en choucroute vers l’Autriche, la Bavière et l’Alsace…
Ce rappel n’a rien de désobligeant ni pour Ségolène, ni pour les Barbares ni pour les Chinois, ni pour la choucroute… Il n’est qu’un clin politico-gastronomique. Comme tant d’autres mets la choucroute illustre la première « mondialisation »…Et comme l’année nouvelle chinoise sera « l’année du cochon », nous sommes en pleine actualité. Même si vous préférez l’excellente choucroute aux poissons (inventée par les Egyptiens et remise au goût du jour par l’ami Baumann)
Qui plus est, la choucroute n’est-elle pas comme d’autres plats « consistants » un beau symbole de la vie politique ?
Daniel RIOT
15:35 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royale, chine, présidentielles










