20/06/2007

Une « sucette Sarko » pour le fumeur de Havane

André Santini aux affaires (à la fonction publique et non à la justice) ou la grande solidarité des Hauts-de-Seine…et le triomphe de la "pressomption d'innocence"

Il est d’une convivialité à toute épreuve. Comme Charasse…Et ce radical (en affaires donc très ouvert en politique) vient d’avoir la sucette du ralliement opportuniste (et de cette amitié à l’italienne que l’on sit si bien cultiver dans les hauts de Seine) : un secrétariat d’Etat.

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Ce n’est pas rien… même dans un gouvernement où les ministres en sont réduits à jouer les chefs d’ateliers de Fillon, chef de chantier. Ce sont les fonctionnaires qui vont être contents, surtout s’ils n’aiment pas la fumée du cigare. Un anti-Bur, André, l’homme d’esprit qui brille sur les plateaux de ces nouveaux salons où l’on cause pour ne rien dire qu’on appelle « talkshows » dans l’excellent français pratiqué par nos élites.  

« C'EST une preuve d'amitié et de fidélité », souligne Le Figaro. En effet. De « reconnaissance » et de « complicité » aussi, mais Le Figaro évite soigneusement les mots porteurs de vérités sous-entendues. Logique.

L'ex-vice-président de l'UDF  a très tôt lâché (on peut lire « trahi ») François Bayrou pendant la campagne du premier tour des  présidentielles. Dès janvier, même... Et en échange de la promesse de ce demi-maroquin, le député-maire d’Issy-les-Moulineaux a sacrifié quelques amis locaux prendre comme suppléant un ami et conseiller fidèle de Sarkozy que Cécilia avait « interdit d’Elysée », le Sieur Frédéric Lefebvre, promis à la députation comme tous les suppléants d’élus ministres ou appelés à l’être.

Un malin , ce Sarkozy : cela on le savait. Un très serviable, ce Santini,  surtout quand les services rendus sont monnayés. On le savait aussi.

Mais Santini pourr-t-il rester sous-ministre ? Même le Figaro note :  « Sa désignation marque une rupture avec une « jurisprudence » non écrite et instaurée par Pierre Bérégovoy et Édouard Balladur, qui stipulait que toute personne en délicatesse avec la justice ne pouvait pas exercer de responsabilités gouvernementales. André Santini est en effet mis en examen pour « prise illégale d'intérêts » dans l'affaire de la Fondation Hamon. »

Le Figaro ajoute :« Nicolas sait qu'il n'y aura aucune suite dans cette affaire », observe un proche des deux hommes. Nicolas le sait comment ? Ah ! J’oubliais :le pouvoir judiciaire, c’est lui aussi… C’est bien la France : on croît élire un Président de la république et on met sur le Trône un Juge suprême… Mais non : Nicolas sait qu'André "ne risque rien" parce que Nicolas aussi est concerné par cette affaire en tant que Président du Conseil général de ce département le plus riche de France…
Consolation : Santini n’a pas été nommé secrétaire d’Etat à la …Justice. Après tout, un « présumé innocent » aurait pu l’être, non ? D’ailleurs, c’est quoi cette « affaire Hamon » ? Comme dit Pasqua, Pape des Hauts-de-Seine,et champion en traversées de mailles du filet judiciaire,  il faut « faire confiance en la justice de son pays, mais pas en tous ses juges »…

À Matignon, toujours selon le Figaro, on préfère avancer une autre jurisprudence : « La règle du premier ministre, c'est celle du suffrage universel », confie-t-on dans l'entourage de François Fillon tout en faisant remarquer qu'André Santini est « présumé innocent ». C’est bien, la présomption d’innocence. Il faudrait l’appliquer à tout le monde, à ceux qui goûtent les joies de la préventive notamment. Mais j’ai mauvais esprit…

« André voulait absolument redevenir ministre. C'est son bâton de maréchal », raconte un élu des Hauts-de-Seine interrogé par Le Figaro. Même les bâtons de maréchal sont dévalorisés dans cette France du « Tout est possible ». 

DR