22/11/2008

PS: Impasse sur le Chemin des Dames...


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Samedi, 22 Novembre 2008 10:08
Il était 05h50: La direction du PS  avait annoncé que rien ne serait proclamé dans la nuit, mais le service de presse du PS officialise avant l'aube grise par un mail étrange envoyé aux journalistes...qui dorment enfin un peu: "A l'issue du second tour de l'élection du premier secrétaire du PS, vous trouverez ci-joint la totalisation des centralisations fédérales. Un conseil national sera convoqué par François Hollande, premier secrétaire"
Une formule qui recouvre . deux choses .: D'abord, Martine Aubry l'emporte de 42 Voix... Un écart plus faible encore que tout ce qui avait été envisagé."Le pire des scénarii". Ensuite, les résultats ne sont pas proclamés encore officiellement. Le "sommet" qui marche sur la tête va décider pour une base déboussolée.


28/11/2007

ROCARD "fête" les 10 ans de Hollande àla tête du PS...

Michel Rocard dans le JJD (une ITW de Maud Pierron) fête à sa manière es 10 ans de François Hollande à la tête du PS. L’annonce d’une prochaine implosion du Parti socialiste ? Un peu. Beaucoup, même. Extraits…

>>>  « Contrairement à l'opinion générale, je ne crois pas qu'il soit pertinent d'isoler les dix ans de François Hollande. Le PS vit toujours un drame qu'il n'a pas tranché depuis sa naissance: son incapacité à accepter que nous sommes dans l'économie de marché. Il existe toujours des minorités au sein du PS qui rêvent d'en sortir. Le PS vit toujours un prurit d'unanimité, il a peur de ses divisions, qui sont en effet fortes. Le fait de vouloir rompre avec le capitalisme alors qu'il s'agit en fait de le contrôler rend peu clair, donc inaudible le discours du PS. Mais c'est bien antérieur à François Hollande » D’accord ou pas d’accord ? Moi, je suis tout à fait d’accord….

>>> « Le PS est un parti ou on ne réfléchit plus ou on ne lit guère ». Un avertissemnt pour toutes les autres formations. On ne le dira jamais assez : les politiques devraient tous inscrire un temps de lectures et de réflexions dans leur emploi du temps. La vie politique, toujours menée le nez dans le guidon, est trop chronophage.  

>>> « L'autre grande erreur de Hollande est la gestion de la question européenne. C'était une faute de vouloir un référendum. D'autant qu'il l'a voulu pour des raisons tactiques de politique intérieure, pour embêter Chirac, avec la conviction que celui-ci ne l'accepterait pas. Chirac a commis l'erreur de le faire aussi. D'où l'arrêt de mort de l'Europe politique, elle n'en est toujours pas remise. » Entièrement d’accord sur cela aussi. Et la question européenne est toujours mal règlée.Ou plutôt, pas règlée du tout.  

>>> « Il n'y a pas de politique possible sans une vision doctrinale sérieuse sur l'avenir. Et il n'y en a plus ». C’est l’avantage du MoDem si Bayrou réussit à combler son déficit organisationnel.  

>>> « 2012 est pour le moment perdu faute d'existence d'un parti qui propose un vrai projet.(…) Mon enthousiasme social démocrate n'a jamais cessé.  J'ai même envie de dire que devant la crise financière mondiale qui commence avec la crise du subprime américain, le ralentissement de la croissance, ce capitalisme d'aujourd'hui qui produit de la précarité comme s'il ne savait plus faire que cela, je n'ai jamais été plus social-démocrate qu'aujourd'hui ».

Social-démocrate dit Rocard. Social-économie et démocratie sociale, dit Bayrou. Michel après « 50 ans de bureaux nationaux du PS et 58 ans de parti », il est peut-être temps de changer de maison…Subitement, j’imaginais Rocard au Congrès constitutif du MoDem. Il est tard et je rêve éveillé, sans doute.

08/05/2007

PS : L’unité (forcée) de façade ne restaure pas une crédibilité perdue.

Aux Législatives, le seul « vote utile », ce sera ...le « vote Bayrou »

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Fantastiques,  les socialistes, ou plutôt les hiérarques du PS ! Les éléphants sortent les couteaux le dimanche soir et ils déploient l’étendard de l’unité, de la famille unie et soudée le lundi. Pour cause : cap sur les Législatives ! Avec quel programme ? Mystère. Le projet socialiste est obsolète depuis longtemps, le Pacte Présidentiel a été repoussé et le mot « rénovation » cache des aspirations totalement différentes, des conflits de personnes et d’idées,des chocs de tactiques et de stratégies…

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La campagne législative du PS sera donc menée d’une façon « collégiale » ou « collective ». Et c’est promis : d’une « façon homogène et très unie ». Chacun a sa place et dans son rôle :Royal, qui se pose déjà en reine du parti, DSK qui rêve de social-démocratie, Fabius qui reste bien flou dans ses positions (y compris européennes), et « plusieurs autres » avec Hollande,bien sûr, qui tient les rennes de ce troupeaux d’éléphants avec un art du compromis qui tient de la compromission.

Un nouveau projet législatif va être bricolé. Et c’est promis juré (comme après le Waterloo jospinesque de 2002) il y aura « refondation, reconstruction, révision idéologique, travail d’ampleur... ».

Avec qui, comment, par qui et dans quel but ? La démocratie participative interne en décidera. «Les compteurs seront remis à zéro » promet Vincent Peillon, porte parole de campagne de Ségolène… Mais aucun « règlement de comptes ne sera toléré », a prévenu Hollande. Du moins jusqu’aux Législatives.  

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"Tous ensemble! Tous ensemble!", s’était exclamée du balcon du siège du PS Ségolène  en reprenant le refrain des manifestations de 1995 et en voulant marquer sa volonté de prendre le leadership du parti, comme si sa défaite ne faisait qu’annoncer des victoires futures… « Nous allons rénover la gauche, nous devons continuer à changer la politique, nous devons continuer la démocratie participative, le souffle de la liberté ne vas pas s'arrêter là, au contraire, il va grandir (…) Nous allons préparer les lendemains d'une France qui finira bien par choisir les vrais Désirs d'avenir !" Avenir de ses Désirs, surtout… Sarkozy peut (en partie grâce à elle) parler de « Volonté d’avenir »

Le vrai problème, bien sûr, c’est que le PS aurait dû entreprendre sa refondation idéologique avant les présidentielles. Désolé de le constater : Sa défaite est méritée ! Elle aurait dû d’ailleurs est enregistrée dès le premier tour, si le bon sens était effectivement « la chose du monde la mieux partagée ». Car c’est par défaut de crédibilité que le PS s’est incliné. Par manque de lucidité. Par archaïsme. Pour la plus grande joie de Sarkozy et de ses supporters qui ont bien raison de jouir de leur triomphe.

Je ne résiste pas à reprendre à mon compte le diagnostic de Jacques Julliard publié sur le site du Nouvel Observateur dimanche soir. On se demande comment avec de tels constats cet éditorialiste estimé a pu autant défendre la « lumineuse » Ségolène (et marqué autant de mépris envers Bayrou) pendant la campagne des Présidentielles. C’est l’esprit partisan qui fait commettre de grossières erreurs…

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« ENCORE BATTUE ! Depuis les débuts de la Vème République (1958), soit presque un demi-siècle, la Gauche n’aura porté à la présidence qu’un seul de ses champions, François Mitterrand, contre cinq à la droite : De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy. A la fin du mandat de ce dernier, en 2012, elle n’aura occupé l’Elysée que quatorze ans sur cinquante-quatre. Pourquoi ? Parce qu’elle est minoritaire, répondrait M. de La Palice. Mais pourquoi est-elle minoritaire ?

- Parce qu’il y a un écart béant entre les positions de ses chefs et les aspirations de son électorat.

- Parce que la gauche est trop à gauche pour s’élargir vers le centre, seul lieu où elle pourrait gagner des renforts. En dépit de François Bayrou, le Centre vient de refluer vers la droite. En dépit de Ségolène Royal, l’archaïsme de ses positions de base a rebuté les centristes.

- Parce que le PS est mené par de grands bourgeois humanistes et humanitaires qui tendent la main aux exclus par-dessus leur électorat populaire d’ouvriers, d’employés, de fonctionnaires et de petits bourgeois. Le Lumpen plutôt que les prolos !

- Parce que le PS est devenu, pour ces petits bourgeois, synonyme d’alourdissement de la fiscalité et, pour les travailleurs, de stagnation des salaires à cause des sacrées 35 heures.

- Parce que le programme du PS, élaboré par les plus gauchistes du Parti avec l’aide d’économistes et de travailleurs sociaux moralistes, sacrifie systématiquement la production des richesses à leur répartition. Ce mélange de christianisme social et de gauchisme altermondialiste constitue un excellent programme d’opposition mais il ne parviendra jamais à rassembler la majorité des électeurs. Il est fait pour un régime de despotisme éclairé, non de démocratie d’opinion. »

Bien vu, non ?

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Le problème pour le PS c’est que la crédibilité défaillante pour la course à l’Elysée ne sera pas recouvrée pour les courses au palais Bourbon. Des députes socialistes, pour quoi faire ? Jouer les « béni non, non » face aux « béni oui-oui » de l’UMP » ? L’UMP, par Sarkozy, a su régénérer et décomplexer la droite tout en assumant le pouvoir ces cinq dernières années.

Le PS lui (aveuglé par ses succès aux européennes et aux régionales) n’a en rien tiré parti de ses cinq ans de pouvoir en jachère. Il n’ pas même assumé son rôle d’opposant. A quoi bon envoyer au Parlement des élus qui déserteront l’hémicycle pour s’occuper davantage des affaires de leur parti que des problèmes  de la France et des Français ? Et qui obéiront à des mots d’ordre d’opposant systématique, au nom des partis pris du parti !

Bayrou, lui, a su tirer parti de ces cinq dernières années pour réfléchir à une refondation idéologique du Centre.

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Le projet législatif de l’udf n’est pas le fruit de bricolages de dernières minutes,  de même que le projet présidentiel n’avait pas été le résultat des variations d’humeur et des études d’opinion. Le « vote utile » prôné par le PS aux Présidentielles s’est avéré bien nuisible pour ceux qui voulaient barrer la route à Sarko et changer de système.

Pour les Législatives, le seul vote utile, pour celles et ceux qui tiennent à ce que la présidence de Sarkozy ne se transforme pas en au règne d’un Etat UMP, ce sera un « vote UDF-Mouvement démocrate ». Un vote d’indépendance, de liberté, de contestation constructive et de contre-pouvoirs intelligents 

Mais nous avons le temps d’en reparler. Hommes de progrès en quête de logiciel social-démocrate, ne cherchez plus : plongez un peu dans les propositions de social-économie et de démocratie sociale de Bayrou… Ce serait « utile » !

Daniel RIOT