30/03/2007

Le « plaider-coupable » du sympathique Jean-Luc Delarue le phobique : « Cà ne se discute pas assez »

Quand on pète les plombs, vaut-il mieux être célèbre et riche que Français « moyen » donc anonyme et pauvre ? « Cà se discute ». Ou plutôt çà devrait se discuter… Surtout quand celui qui pose indirectement la question au grand jour est un spécialiste de débats télévisés sur les « problèmes de société », toujours abordés à travers des témoignages qui souvent frôle cet exhibitionnisme si rentable en terme d’audience en cette époque où la pudeur ne fait guère recette et où les studios de télévision remplace les confessionnaux et leurs secrets….

Le peu de commentaires suscités par l’affaire Delarue ne me surprend qu’à moitié en cette période où seul ce qui n’est pas choquant devient surprenant…

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Cet animateur aux allures de gendre modèle  a reconnu les faits : faute avouée… Il a présenté ses excuses : la politesse est une vertu sociale… Il a payé des dommages et intérêts d’un montant non rendu public à l’équipage agressé et insulté : le fric est une éponge qui lave bien des affronts… Il a accepté la procédure dite du « plaider-coupable »  applicable à tous ceux qui risquent jusqu’à cinq ans de prison depuis la mise en œuvre de la loi Perben II : il y a déjà trop de monde dans les prisons, c’est bien…

Il va donner (chez lui, c’est vendre !) trois jours de sa vie dans un « stage de citoyenneté » dont la teneur n’a pas été rendue publique mais qui, dit-on de bonne source, serait en fait une mini-cure susceptible de le guérir de cette phobie de l’avion qui l’avait conduit à détacher plus que sa ceinture, à se mettre à « planer sérieux », à assouvir quelques fantasmes,  et à transformer un saumon acheté en « hors taxe »  en matraque : voilà qui est bien, non ?

Déjà la honte publiquement étalée, devant micro et caméras, n’a-t-elle pas fait office de punition ? D’ailleurs, un des titres de la presse people s’est fait condamné pour atteinte à sa vie privée…Non mais !

Et ce qu’il a fait n’a provoqué aucune catastrophe : ce n’est pas comme Alain Duhamel qui a osé dire (en privé), à l’automne dernier  qu’il voterait Bayrou aux présidentielles. Il est privé d’antenne, lui. Avec double peine, sur France 2 et sur RTL ! Un révolutionnaire dangereux ce Duhamel !

Ce n’est pas non plus comme ce fraudeur de la gare du Nord qui a fait dérailler la France entière : Sarkozy en a « mal au cœur »… Ce n’est pas comme… Non : ne comparons que ce qui est comparable ! Cela se voit sur sa bonne tête : Delarue fait partie de la « France des honnêtes gens » ! Passons à autre chose : les zappeurs (camembert ?) de la République de la « valeur travail, de l’honnêteté, du respect, de l’identité nationale » ont d’autres chats à fouetter.

Seuls les syndicats du personnel naviguant d’air France semblent déçus : un réflexe corporatiste, peut-être ? ...Ils ne se rendent sans doute pas compte que si « l’ordre juste » n’est pas de ce monde, c’est de la faute des faiblesses de la justice non des forces de l’ordre. Ah ! au « Sarkoland » tout serait différent… Avec Delarue ministre de la culture ou des transports, peut-être.

Là, j’exagère : je frise la diffamation. Je n’aurais plus qu’à reconnaître mes torts ou plaider comme Georges Frêche…la liberté d’expression. Mais je ne dirige pas une région ni l’une des plus grosses fédérations d’un des deux « grands » partis français. Et pire que Duhamel : je fais campagne ouvertement, publiquement,  pour Bayrou parce qu’il est le seul, pour moi,  à nous donner l’espoir que la France peut être remise debout. Un vrai crime celui-là ; Un crime de lèse majesté envers celles et ceux qui depuis 25 ans la font marcher sur la tête et ont fini par écoeurer nombre de Français de la politique…

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Une remarque encore, tout de même : On  aurait peut-être dû  imposer au sympathique Jean-Luc d’animer une émission sur les dérives inciviles et violentes qu’entraînent parfois les phobies : mais cela doit être du ressors non de la procureure du tribunal de Bobigny mais du directeur des programmes de France 2 …

Mieux encore : on aurait pu lui imposer un « Cà se discute »  sur les objets des ses inculpation : "violences et outrages sur une personne chargée d'une mission de service public" ( en l'occurrence un steward), "agression sexuelle" (envers une hôtesse de l'air) et "tentative d'entrave à la circulation aérienne",… Et l’état d’ivresse dans un lieu public ?

Irrespect, violences, mise en danger d’autrui… Rien de grave ? Allez dire cela aux « voyous », aux « fraudeurs », aux « violents »  qui inspirent tant l’ex-premier flic de France qui a la phobie de la « racaille ». Mais attention: on ne critique pas une décision de justice...