22/10/2007
Le traité de Lisbonne : le coup de gueule de Chouard...
POLEMIQUE RELATIO par Daniel RIOT- Il repart en croisade, le grand vainqueur du Non au référendum sur la Constitution, l’homme qui, de son site internet, avait réussi à décortiquer le projet de « traité constitutionnel » avec des quelques arguments fondées, d’innombrables arguties et des raccourcis intellectuels d’une honnêteté plus que discutable…
Il repart en provoquant …les journalistes. Ceux qui défendent le traité de Lisbonne, dit-il dans Libé, « sont des subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journalistes ». Et les « bons journalistes » devraient faire sonner l’heure de la révolte ! «Pour moi, c’est un viol. Un viol politique, c’est une cause de guerre civile. » (…) « Les visites sur mon site n’ont pas augmenté pour le moment. Mais je compte sur les journalistes pour être les sentinelles du peuple et l’alerter ». Ben voyons…
C’est terrible d’avoir eu ainsi son heure de gloire (en jouant les modestes) grâce à des journalistes qui ont fait monter la mayonnaise de la mauvaise foi servie par une logique juste avec des prémisses et des conclusions fausses, et, au bout du compte, de retomber dans l’anonymat.
Pourtant, Libé fait bien sa « pub » et moi-même ici je fais indirectement sa promo, même si, en bon « subordonné » (à qui, grand dieu ?), je ne combats évidemment pas un traité qui sauve les meubles que ce professeur voulaient faire brûler dans une de ces passions de pyromane qui parfois font des ravages. Je regrette que ce traité de Lisbonne soit la constitution en moins bien. Alors que je regrettais déjà, durant le référendum, que le projet de Constitution n’aille pas suffisamment loin dans l’organisation d’un vrai pouvoir politique européen….
Notre inspirateur du refus, comme d’autres bons esprits d’attac et de Copernic dont on attend toujours le « plan B », n’a fait pour moi qu’une vraie faute intellectuelle. Il dénonçait le projet de Constitution au nom d’un « autre Europe ». En fait, comme tous les « alter-européens » (ou presque), il militait pour une Europe altérée, liquidée, rayée… Les vrais anti-européens déclarés étaient (et restent) moralement et intellectuellement plus estimables, du moins moins hypocrites…
Cela dit, ses critiques d’aujourd’hui sont plus fondées que celles qui ont fait sa fausse gloire et ses vrais succès d’hier…
Oui, le texte de Lisbonne est une reprise de la constitution rejetée. « On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum ». C’est vrai mais les symboles vivront et la démocratie n’est pas que directe. Elle n’est surtout pas synonyme de doxocratie. D’ailleurs, Sarkozy avait annoncé clairement la couleur avant son élection : c’est à ce moment là qu’il fallait lancer ce débat sur le référendum qui aujourd’hui est obsolète.
Oui, il y a institutionnalisation d’une certaines confusion des pouvoirs. Le fait notamment que les juges européens soient nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables est critiquable. Mais la construction européenne a une qualité irremplaçable : sa perfectibilité.
Oui, la partie III du projet de traité constitutionnel a été retirée mais elle reste en vigueur. Heureusement d’ailleurs… C’est tout l’acquis communautaire, donc toute la construction européenne qui aurait volé en éclats. Donc toute l’Union européenne qui aurait été assassinée !
Mais, Etienne Chouard, dans son hostilité à l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire "l’interdiction pour les Etats de créer la monnaie", confirme le sens de son engagement et de son travail de sape : il est foncièrement anti-européen. Au nom d’un « souverainisme » mal compris.
Son Non d’aujourd’hui est un NON clair à l’Europe, comme l’était le NON qu’il a tant favorisé durant la campagne référendaire. C’est son droit. Mais qu’il ne parle pas d’une « autre Europe » ! Là est la malhonnêteté intellectuelle. La tromperie. L’escroquerie. La manipulation du peuple.
Chaourd est pour une Europe morcelée. Comme celle qui a existé durant des siècles. Celle des peuples contre les peuples. Ou des peuples soumis à la loi du plus fort, impérial ou totalitaire.
L’Europe qu’il s’agit de construire, « pas à pas », par le traité de Lisbonne, comme par ceux qui l’ont précédé…et ceux qui suivront, c’est celle d’un continent « uni dans le respect de ses différences, de sa diversité ». Et dans le respect de ses peuples. Avec des adhésions librement consenties : les refus suisse et norvégien le confirment bien....
Les analyses de textes d’Etienne Chouard sont forcément faussées puisqu’il ne respecte en rien l’esprit qui les anime et ne cherche qu’à détruire ce qui, heureusement, se construit.
Cette Europe-là se construirait d’ailleurs plus et mieux et d’une façon plus démocratique sans les lourdeurs et les pesanteurs qu’imposent ceux qui, comme Chouard, font les jeu des nationalistes, des passéistes, des rétro-futuristes.
La pub que lui fait Libé et la promo que je lui offre ici permettent au moins d’enlever quelques masques et quelques faux nez. Les vrais clivages, en France, comme ailleurs sont entre deux partis non constitués qui transcendent les clivages politiques : celui des frontières et celui des passe frontières. C’est ce que des « penseurs » du type Chouard ont réussi à faire oublier lors de ce referendum qui a affaibli et la France et l’Europe.
Daniel RIOT
20:55 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : europe, union européenne, traité de lisbonne, politique, france, intellectuel, internet
traité de Lisbonne: L'embarras du PS...
Décidément, les socialistes français oublient l'un des héritages les plus beaux du seul Président de la V ième République qui ait porté leurs couleurs:l'unité européenne... Il hésite le PS! Il cherche l'impossible "synthèse" entre les OUI et les NON qui continuent à être opposés en son sein, malgré des festivals d'hypocrisie des uns et des autres...
C'est officiel (et provisoire): Le Parti socialiste ne s'opposera pas à l'adoption du nouveau traité européen. Il va rechercher "une position collective" qui pourra être "le oui" ou "l'abstention". C'est ce qu' a indiqué, ce lundi 22 octobre, Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire François Hollande.
Que c'est beau! Il ne votera donc pas NON à ce traité de substitution qui a le mérite de sortir l'Union d'une impasse dont...bien des socialistes français sont les premiers responsables...
A propos de la ratification du texte, il a indiqué que le PS continuait à être favorable à la procédure référendaire. "Mais, a-t-il ajouté, l'élection présidentielle est passée par là, Nicolas Sarkozy a dit clairement qu'il n'était pas favorable à un référendum". Dimanche, François Hollande avait indiqué que le PS aurait une "attitude responsable", estimant que le texte comptait "des points positifs, des points qui ne le sont pas". Il n'avait pas prononcé le mot d'abstention. Rappel:M. Sarkozy a exprimé le souhait que le Parlement ratifie le texte, le plus rapidement possible, après sa signature formelle, prévue le 13 décembre.
SEGOLENE ROYALE: "MIEUX VAUT UN COMPROMIS QUE RIEN"
"Même imparfait", le traité adopté par les Vingt-Sept cette semaine à Lisbonne "peut remettre l'Europe en marche", estime Ségolène Royal dans un entretien à Libération. "Mieux vaut un compromis que rien", fait valoir l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle française, qui aurait souhaité un nouveau référendum mais refuse d'en faire une "question de principe".
"Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser", souligne-t-elle, appelant les socialistes français à "faire bloc" avec leurs homologues européens. "Je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche (...) L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante", explique Ségolène Royal. "C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social", insiste-t-elle. Au moins, cela a le mérite de la clarté...
RAPPEL: En décembre 2004, le PS français avait organisé un référendum interne sur le précédent traité constitutionnel européen. La consultation s'était soldée par un "oui" massif, quelques mois avant la tenue d'un référendum au niveau national. Les socialistes s'étaient ensuite divisés entre partisans du "oui" et opposants au traité, conduisant le parti au bord de l'implosion. Le 29 mai 2005, plus de 55 % des Français avaient finalement rejeté le texte.
Jean-Pierre Chevènement (qui a été l'un des conseillers de ségolène Royale durant la campagne des Présidentielles) considère le traité simplifié adopté par les Vingt-Sept la semaine dernière à Lisbonne comme une "entourloupe" et réclame qu'il fasse l'objet d'un référendum en France."On se moque du monde, on se moque du peuple Français", a déclaré sur France 2 le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen. "Je demande à tous les citoyens de faire pression sur leurs députés pour qu'ils ne se prêtent pas à cette mascarade et que tout le monde exige un référendum", a ajouté l'ancien ministre, qui estime que le texte rejeté par les Français en mai 2005 n'a subi que "quelques modifications de forme" depuis lors.
14:20 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, PS, traité de Lisbonne, hollande, royal, chevènement, france
19/10/2007
UE : Sarkozy veut ratifier le traité dès décembre
La France serait le premier pays de l'Union européenne à valider le texte de Lisbonne.

SUR RELATIO >>>>>>
17:40 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, sarkozy, politique, Union europénne, traite de lisbonne










