25/10/2007

Europe: La Convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels signée par 23 pays

 Vingt-trois Etats membres du Conseil de l'Europe ont signé aujourd’hui la Convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels  qui représente une avancée très importante dans la prévention des infractions sexuelles contre les enfants, la poursuite des auteurs et la protection des victimes.

Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l'Europe, a déclaré : « La nouvelle convention peut vraiment faire une différence dans la protection des enfants – mais elle doit impérativement entrer en vigueur ». Elle s’est montrée satisfaite par le nombre de signatures le premier jour et elle a encouragé les autres pays, qu’ils soient membres ou non du Conseil de l'Europe, à leur emboîter le pas aussitôt que possible.

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L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, « l’ex-République yougoslave de Macédoine », la Lituanie, la Moldova, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, Saint-Marin, la Serbie, la Slovénie, la Suède et la Turquie ont signé la Convention au début de la 28e Conférence des ministres européens de la Justice qui se tient les 25 et 26 octobre à Lanzarote. La convention entrera en vigueur lorsqu’elle aura été ratifiée par cinq Etats.

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Pour la première fois, un traité international sanctionne pénalement la maltraitance à caractère sexuel, infraction généralement commise par des personnes connues des victimes – parfois au sein de la famille – et qui est l’une des plus préjudiciables aux enfants. Parmi les mesures préventives mentionnées dans la convention, on peut citer la sélection, le recrutement et la formation des personnes travaillant au contact des enfants, la sensibilisation des enfants aux risques et l’éducation des enfants pour leur apprendre à se protéger, ainsi que des mesures de suivi des délinquants et des délinquants potentiels.

La convention instaure aussi des programmes d’aide aux victimes, encourage les gens à signaler les cas de suspicion d’exploitation et d’abus sexuels, et elle prévoit la création de lignes d’assistance par téléphone et par Internet pour les enfants.

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Elle prévoit aussi que certaines formes de comportement soient qualifiées d’infractions pénales, par exemple le fait de se livrer à des activités sexuelles avec un enfant d’âge inférieur à la majorité sexuelle, la prostitution enfantine et la pornographie enfantine. La convention érige aussi en infraction pénale l’utilisation des nouvelles technologies – notamment Internet – pour maltraiter sexuellement des enfants, par exemple par la manipulation psychologique (le « grooming »), phénomène de plus en plus inquiétant qui concerne les enfants soumis à des violences sexuelles après avoir rencontré des adultes dont ils avaient préalablement fait la connaissance sur Internet, dans le cadre de forums de discussion de sites de jeux.

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Afin de lutter contre le tourisme sexuel impliquant des enfants, la convention permet de poursuivre des personnes pour certaines infractions même quand l’acte est commis à l’étranger.Ce nouvel instrument juridique assure aussi aux enfants victimes une protection pendant la procédure judiciaire, par exemple en ce qui concerne leur identité et le respect de leur vie privée.

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LA CONFERENCE DE LANZAROTE >>>>>>>>>>

DOSSIER SUR L'EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS >>>>>>>

LE TEXTE DE LA CONVENTION >>>>>>>>

LES LEGISLATIONS NATIONALES >>>>>>>>>

LE SITE DE L'UNICEF >>>>>>>>>>>

CONSTRUIRE UNE EUROPE POUR ET AVEC LES ENFANTS >>>>>>>>>>>>

05/09/2007

Le Conseil de l'Europe veut intensifier la lutte contre les violences domestiques dans les Balkans

Un séminaire à Skopje sur la campagne du Conseil de l'Europe contre les violences familiales

97b4448e326e6546c7f427f8ecf12dfc.jpgComment les autorités peuvent-elles protéger efficacement les femmes contre les violences familiales ? Tel est le thème du 4e séminaire régional organisé dans le cadre de la Campagne du Conseil de l'Europe pour combattre la violence à l'égard des femmes, y compris la violence domestique, qui se tiendra les 11 et 12 septembre 2007 à Skopje, " l'ex-République yougoslave de Macédoine ".

Le séminaire réunira des experts d'Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Grèce, Serbie, Slovénie, " l'ex-République yougoslave de Macédoine " et Turquie afin d'examiner la protection et le soutien spécialisé fournis par la police, les professionnels de santé et les travailleurs sociaux. Il mettra l'accent sur les réponses apportées par ces professionnels aux besoins des victimes de violences familiales ainsi que sur une coopération efficace entre ces prestataires de services et les organisations non gouvernementales.

Le séminaire s'inscrit dans une grande campagne du Conseil de l'Europe contre les violences à l'égard des femmes, notamment les violences au sein de la famille, qui selon les estimations devraient concerner chaque jour 12 à 15 % des Européennes. Cette campagne a pour objectif d'ériger les violences familiales en infractions, d'apporter une aide aux victimes et de promouvoir un changement d'attitudes afin que ces violences ne soient plus tolérées.

Pour plus d'informations, veuillez visiter le site : www.coe.int/stopviolence  

05/04/2007

AZOUZ BEGAG, ou la chance de de Villepin gâchée (par Sarkozy) ...

Azouz BEGAG a tiré sa révérence. Pour être pleinement libre de sa parole. Ouvrons les oreilles et les yeux : son livre promis ne sautait tarder. En attendant, j’ai relu son rapport de 2004 au ministre de l’intérieur, accessible sur le site de la Documentation française :De Villepin l’a-t-il lu ?  Sarkozy n’a vraiment pas du le lire…Dommage !

Azouz Begag    restera une référence : celle d’une chance, offerte par Chirac et de Villepin, et   gâchée par Sarkozy. D’une chance pour la France. D’une chance pour recoudre une société déchirée. D’une chance de retisser ce lien social si fragilisé par 25 ans de politiques contradictoires…

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Azouz Begag restera comme un ministre qui  incarnait une politique intelligente, équilibrée, porteuses de vrais changements à moyen et à court terme mais  brisée par la vue basse et politicienne d’un ministre de l’intérieur qui ne mérite pas le surnom de « premier flic de France », tant la plupart des flics, même condamnés à subir « l’aculture des résultats », ont une meilleure approche des réalités… Plus réaliste et plus humane, donc plus efficace. 

Face à Begag,  Sarkozy a montré son vrai visage : l’homme d’un ordre proclamé mais non installé, l’agent d’une droite autoritaire et peu éclairée, le ministre de l’intérieur le plus imposteur que la V ième République ait connu, un être qui ne supporte pas la contradiction et érige le mépris en vertu…de dialogue. Comme tant de ses supporters du « premier cercle » (non vertueux) qui l’entoure.

Begag ? « On n’a jamais très bien compris à quoi il servait au gouvernement », lâche l’un d’eux. « « Voilà longtemps qu’il aurait dû démissionner », dit un autre. « C’est l’Arabe de service de Chirac », lance un troisième. «  l’Arabe qui cache la forêt »… « Un alibi », chantent tous ces grands hommes qui se battent déjà pour savoir qui sera retenu au gouvernement en cas de victoire de N.S. … et qui regrettent , en fait, que Borloo, « ce naïf un peu de gauche», ait rallié le candidat de la « droite pure et dure », issu d’un gaullisme trahi, soutenu par des faux centristes du camp des « invertébrés opportunistes de droite » et impatient de ne gouverner qu’au profit de ceux qui l’aiment, lui, ou qui ont peur de lui…

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Ce fils de maçon algérien, Lyonnais depuis 48 ans,  a souffert dans ce gouvernement au bilan si mauvais que  Sarkozy préfère le taire. Il a été en permanence tiraillé « entre la rage de se battre pour la mixité sociale », par la mission que lui a confiée le Président Chirac » et l'humiliation de jouer les utilités ethniques, entre la volonté de parler avec ses tripes et la soif de siéger au gouvernement. 

Dominique de Villepin avait  fait entrer cet enfant du bidonville de Villeurbanne au gouvernement comme ministre de la promotion de l'égalité des chances, en comptant  sur la silhouette du Beur écrivain et sociologue pour compenser les effets de gueule et de muscles de Sarko-le-cogneur.

 

Des élus de la majorité le regardaient d’abord avec cette commisération et ce paternalisme si caractéristiques des suffisants arrogants. Tout s’est gâté   quand « le bougnoule de service »  s’est permis  d’appeler publiquement  M. Sarkozy, pourfendeur de « racaille », à mieux « choisir ses mots ». Puis quand il met l’accent sur la nécessité de se méfier de tout ce qui peut favoriser ce   communautarisme dont Sarkozy semble s’accommoder. 

S'il a réagi au verbe sarkozien, ce n'est pas pour alimenter une guéguerre ou pour se rendre intéressant aux yeux des médias si fréquentés par le ministre de l’intérieur, mais, a-t-il dit,  pour « préserver son équilibre d'homme libre », pour « pouvoir se regarder dans la glace » quand il sera ancien ministre.

Ce qui lui a fait physiquement « mal au ventre », ce sont les insinuations de politiques et de journalistes  sur le « Beur de service ».  « C'est insultant, quand on a écrit 40 livres, quand on a tant donné pour les valeurs de la République, de s'entendre renvoyé à son origine, à un statut d'esclave »,a-t-il martelé, à plusieurs reprises. « Quel message de désespoir adresse-t-on aux jeunes en leur disant que le ministre de l'égalité ne sert à rien ? »

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Il se veut ministre de toutes les discriminations — y compris contre les femmes, les handicapés et les seniors —, mais Begag, en ministre et en sociologue vit intensément et mal  « l'intifada des banlieues ». « Des jeunes détruisent un espace public auquel ils n'ont pas le sentiment d'appartenir. Il faut redonner un sens au vivre ensemble, le goût aussi de sortir de son quartier pour s'en sortir. »

Le ministre n’est pas un laxiste : « Il faut rétablir l'ordre : ce sont les voitures des travailleurs que l'on brûle." Mais « rétablir l'ordre au sens de la police républicaine »… « Avec un authentique esprit de justice et une politique qui donne une vraie égalité des chances ».

Il multiplie les propositions : multiplication des passerelles entre lycées populaires et grandes écoles, diffusion de l'enseignement du chinois, porteur de débouchés, création de brigades de police spéciales antidiscriminations. "Les jeunes refoulés d'une boîte de nuit doivent pouvoir appeler le 17, trouver la République au bout du fil. ». Il fait de son mieux, mais dans ce secteur là, la bonne volonté ne suffit pas…

Azouz BEGAG s’est rallié à François BAYROU sans avoir négocier quoi que ce soit avec lui. A la vue de son projet. Il est vrai que bien des idées prônées par le ministre démissionnaire dans son rapport intitulé « La république à ciel ouvert » rejoignent celles avancées par le candidat de « l’extrême centre ».

Toutes sont imprégnées de la même philosophie et des mêmes valeurs : esprit républicain, principe d’humanité, humanisme, respect de la devise de la république (Liberté, Egalité, Fraternité) dans les faits et pas seulement dans les discours.

Toutes visent les mêmes buts : recoudre un tissus social déchiré, travailler à une égalité des chances qui soit réelle et non seulement proclamée, s’attaquer aux racines des maux qui secrètent la violence, l’incivilité et l’insécurité (éducation, prévention, répression et réinsertion, aide aux victimes, politique de promotion sociale et non assistanat stérile, lutte contre les économies parallèles…). De beaux chantiers en perspective... Des chantiers à mener à bien IMPERATIVEMENT!

Daniel RIOT

 

PS: Je reprends ici le sommaire de son rapport qui reste un vrai programme d’actions :

 

La République à ciel  ouvert

Introduction : la France n’a pas assuré !

I- L’EGALITE DES CHANCES : DU MODELE A LA R EALITE

1.1- L’esprit de l’égalité des Chances

1.2- Les biais et les difficultés de la course

II- FRUSTRES DE PRAGMATISME

2.1- Des approches pragmatiques

2.2- Veiller toujours à associer diversité et qualité

2.3- Implications directes sur le cas français

2.4- Plaidoirie pour l’auto-déclaration des origines dans les statistiques en France

2.5- La promotion de l’égalité des chances n’est pas la charité

III- RECONNAISSANCE DE L’INDIVIDU

3.1. Promotion plutôt qu’intégration

3.2. « Je » républicain contre « nous » communautaire.

IV- « ALLER CHERCHER » LES CANDIDATS

4.1. Le contentieux historique entre les jeunes d’origine maghrébine et la police

4.2- Campagne de promotion ciblée et offre de stages

4.3. La Brigade anti-discrimination

4.4- Diversifier les jurys d’admission

4.5- Diversifier le contenu des concours

CONCLUSION : vers une culture de la mobilité

A LIRE EN pdf  >>>>>>>>

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RAPPEL

Banlieues : « Le tissu de notre société est en train de se défaire. », par François BAYROU 

 Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

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Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

>>>En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.

>>>Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

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>>> Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »

29/03/2007

Sur NouvelOs.fr, j'ai trouvé çà drôle.... Et vous? Si vous riez vous êtes dans le camp des "fraudeurs, des émeutiers et des violents": Attention...Sarko nous surveille!

Cet homme ne s'appelle pas Angelo Hoekele, il n'est apparemment pas Congolais, la rumeur dit qu'il dispose de papiers en règle… Et pourtant, il franchit un portillon de métro de manière, disons, particulière. Cette photo, publiée en couverture du Nouvel Observateur le 21 juillet 1994, a en fait été prise le 5 décembre 1980. Aux dernières nouvelles, 27 ans plus tard, aucune poursuite n'a encore été engagée contre le sauteur.

 

Jacques Chirac, en une de l'Obs du 21 juillet 1994, saute un portillon de métro

Jacques Chirac, en une de l'Obs du 21 juillet 1994, saute un portillon de métro NO

Après le ministre imposteur, le candidat agresseur ...

Où sont les lignes rouges de l'imposture? Le retour de l'insécurité dans la campagne derait marquer son ECHEC. Mais Nicolas Sarkozy s'en réjouis,  attaque "ceux qui prennent le parti des fraudeurs et des émeutiers" et  exhorte les journalistes à reparler de la « menace Le Pen »….Pour lui, elle est, électoralement,  moins grave que le « péril Bayrou ».

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Quatre jours loin des élections présidentielles. Et j’ai l’impression  de revenir en …2002, avec cette tentative de remettre au premier plan l’insécurité spectacle ou plutôt l’exploitation des peurs nées de sentiments insécuritaires. En 2002, cette exacerbation des trouilles les plus primaires avaient profité  à Le Pen et… à Chirac, par ricochet. Cette année, Le Pen, ne dit rien, et engrange et … Sarkozy sourit, derrière ses grimaces de « républicain qui a mal au cœur ».

Il le reconnaît d’ailleurs, ce champion de l’autoritarisme stérile qui masque son échec de ministre de l’intérieur, ce candidat qui  parie sur une surenchère répressive promise au pire encore… Mardi, aux Baux-de-Provence, Nicolas Sarkozy pronostiquait devant la presse : " Je peux déjà faire vos "unes" pour la prochaine semaine : "Le danger Le Pen" ; "La menace Le Pen", "Le Pen patelin". Vous feriez bien de vous occuper de Le Pen ! " Un pronostic ? Une exhortation. Un vœux…

Cela l’arrangerait bien, le « compère » Nicolas,  comme cela arrangerait, « la commère » Ségolène : le « duo » applique son seul « programme commun » (barrer la route à Bayrou) avec sérieux…

FAITS DIVERS ET PHENOMENES DE SOCIETE 

Sarkozy n’a nul besoin d’exercer les pressions qu’il pratique tant sur les journalistes et les patrons de presse pour que les médias lui servent la meilleure des  soupes, celle qui rapporte des voix.

En effet, une fois de plus, les   médias (en quête d’audimat donc vendeurs d’émotions)  transforment des faits divers en « phénomènes de société », avant même de connaître les tenants et les aboutissants des « faits » en question. Ils pressent de questions des politiques qui n’en savent pas plus que le citoyen-consommateur d’infos non vérifiées donc de rumeurs et d’intox… Et ils font de brillantes analyses sur « cette sécurité » qui « redevient la vedette de la campagne »… alors que les  Français (les enquêtes d’opinions sérieuses en font foi) sont préoccupés par le pouvoir d’achat, le chômage, les retraites, l’éducation, le logement, la place de la France en Europe et dans le monde…

LA GARE DU NORD? C'EST BON POUR L'AUDIMAT... 

Ah ! la gare du Nord ! Un plein Paris ! C’est mieux que dans les « banlieues » Un resquilleur et un contrôle qui tourne mal : l’embrassement, une affaire d’Etat. Sarkozy se sent revivre : Il va sur place, en candidat, non en ministre (mais avec une garde quasi-ministérielle) et il tire à vue, en rafales, avec des mots assassins en jouant sur tous les registres qui rapportent : l’ordre, la moral, la justice, les honnêtes gens, c’est lui. Lui qui a «  mal au cœur » de voir des  candidats à l'Elysée trouver des « excuses aux fraudeurs, aux émeutiers et aux violents ».Lui qui voit dans les affrontements » de la gare du Nord les effets d'une "pensée unique" et "post-soixante-huitarde" et non la conséquence d'un "climat" qui régnerait en France… à cause de lui !

AUTORITARISME ET IRRESPECT

« Ceux qui prennent le parti des émeutiers et des fraudeurs ne leur rendent pas un service. Ils ne sont même pas généreux car ce n'est pas rendre service à une minorité que de laisser à penser que dans la démocratie française on peut faire n'importe quoi, n'importe comment", a insisté  le ministre sortant. « Il faut mettre des règles, il faut mettre des lois, il faut de l'autorité et il faut du respect », a ajouté l'ex-ministre de l'intérieur. « Et bien, c'est clair : l'autorité et le respect, c'est de notre côté, la fronde et le soutien à la délinquance c'est de l'autre côté ! » Moi , j'ei une traduction "claire" aussi: "autoritarisme et irrespect" de coté de Sarkozy. Même Borloo, soutien de fraîche date, doit en convenir...

Cela ne suffit pas ? Vous n’avez pas bien compris ? Sarkozy continue et martèle: « Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui [payent] leur billet"(…) Si certains défendent les émeutiers, moi je pense à tous ces gens qui travaillent dur et qui se disent, ceux qui cassent, ils cassent ce qu'on va payer avec le prix de notre travail. ». C’est plein de bon sens, non ? Mais en quoi Royal ou Bayrou (mis dans le même sac par Sarkozy) se sont-ils faits les avocats des "fraudeurs".Ils sont à juste titre, comme nombre de policiers d'ailleurs, des procureurs des "méthodes Sarko"

Le candidat de la rupture (d’avec son propre bilan)  se fait même prof de journalisme : «  n’appelez pas ces  voyous des jeunes car les jeunes n'ont rien à voir avec cette minorité de voyous ». Plus et mieux :  «  ne faites pas un amalgame  avec un certain nombre de quartiers où la majorité des gens qui y vivent sont des honnêtes gens, qui utilisent les métros et les trains et ne supportent plus la dictature des bandes, des voyous et des délinquants ».

J’ai un peu de mal à comprendre (limites de mon intelligence, peut-être!) comment et pourquoi Sarkozy conserve intacte (ou presque) son image d’homme « d’ordre et d’autorité » dans une partie de l'opinion, y compris auprès de sympathisants du PS si l’on en croît certains sondages…

LES ECHECS D'UN MINISTRE DE L'INSECURITE ET NON DE LA SÛRETE 

Son bilan ministériel se traduit par des gesticulations, des tricheries avec les statistiques, des mesures inadaptées (suppression de la police de proximité par exemple), des propos et des méthodes qui dressent les français contre les autres, une banalisations des thèmes lepénistes, des pratiques liberticides, des lois qui se sont accumulées sans efficacité, des absences remarquées dans les instances européennes où se jouait en partie la sécurité intérieure, des débordements de compétences avec d’autres ministères (justice et éducation nationale, par exemple), des politiques qui ont favorisé le communautarisme, aucune action contre la criminalité en col blanc,  et des carences totales en terme d’aménagement du territoire… puisque le ministre d’Etat avait aussi ce porte-feuille (essentiel pour l'avenir) dans ses poches...

Pourtant, Sarkozy avait de quoi bien jouer politiquement et bien œuvrer concrètement : Jospin lui-même avait reconnu avoir sous-estimé les questions liées aux sentiments d’insécurité… Mais (tempérament et calculs politiciens !), il a voulu faire passer du laxisme de  gauche à l’autoritarisme de droite comme si la sécurité n’exigeait pas une politique globale et pluri- dimensionnelle, avec un équilibre : prévention, répression, réinsertion…

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Un bon ministre de l’Intérieur met l’accent sur la « sûreté » (Chevènement, de ce point de vue en fut, un) et non sur l’insécurité.

Mais il a faut croire que ces milliers de passages à la télévision, dans les messes du 20 heures, son art du faire-savoir plus que du savoir-faire, ses talents du paraître plus que de l’être ont imprégné bien des esprits…

Sarkozy aurait tort tout de même de  se réjouir trop du retour en force des questions de sécurité et d’insécurité. Les Français ont plus de bon sens et d’intelligence pour ne pas, au bout du compte, s’attacher plus à la réalité des choses qu’au ressenti des faits. Il y a des lignes rouges à ne pas franchir en tout et pour tout , y compris dans l’imposture. 

Daniel RIOT