28/01/2007
Mon Carnet de campagne : « nou kay cassé çà ! »…
On rêvait d’une course à l’Elysée à tout casser, mais, pour l’heure, elle ne casse rien…
La vraie question des élections Présidentielles : « qui passe et quoi casse ? »

>>> «Moin sé on fanm doubout, nou kay cassé ça!» («je suis une femme debout ! On va tout casser») a lancé en créole Ségolène Royal aux Antilles. La réponse de l’UMP est venue vite : « Elle veut casser tout, même la République », ont dit les porte paroles de Sarko. Facile. Un peu trop. Une réplique de « caniveau ». Très difficile de ne pas céder à la facilité.
>>> Plus sérieuses, les réactions cassantes de Pierre Lellouche aux "approximations" (c’est le moins qu’on puisse dire) étalées par Ségolène au micro d’une radio en matière de défense. On l’interrogeait sur le nombre de sous-marins « nucléaires » de la France (question plus essentielles qu e celle qui était posée un jour à Giscard sur le prix du ticket de métro. Elle n’a pas seulement mal répondu, elle a donné une réponse fausse. De quoi casser de belles ambitions...
Une "incompétence évidente", a dit Lellouche, en rappelant que le Chef de l’Etat est le chef suprême des armées. Il y a pourtant de bons experts en défense au PS… Des cours du soir pour l’énarque ? Un peu tard, non ? Les lacunes sont faites pour être comblées. En attendant, il y a de quoi se « casser bras et jambes », ce n'est pas faux
>>> A la mode Ségolène ! Elle est même en vedette en icône à la Andy Warhol sur les robe du styliste italien Guillermo Mariotto. Cette photo AFP reprise dans le Figaro en témoigne. De l’art, la haute couture ! C’est à tout casser ou çà ne casse rien ?

De toute manière, la course à l’Elysée n’a rien d’un défilé de mode… même si la « starisation », des hommes et des femmes, s’affiche sur les « couv’ » des « mags » les plus « pipoles » qui personnellement me « cassent les pieds et les yeux »

A quand Sarko sur des cravates ou des chemises de soie? C’est déjà fait sur des T-shirt. D’ici à ce que les candidat(e)s posent dans la tenue des rugbymen qui ont donné un sacré coup de vieux aux calendriers de la poste, il n’y a pas loin… On sait déjà que Le Pen porte des slips Dim. Du moins c’est ce qu’il a dit en ne répondant pas à une question sur sa fortune qui pouvait le « casser » auprès des « petites gens » qu’il prétend défendre.

>>> Pas drôle de Villiers dans « Ripostes » de Moatti sur la Cinq. Mécanique, répétitif et « casse-pieds » face à Elisabeth Guigou. Etalant sa mauvaise foi, ses arguments fallacieux, ses analyses caricaturales face à Tarek Ramadan qui lui a posé de vrais « casse-tête ».
Mais ce n’est pas grave, il est fier de ce qu’il a fait en Vendée, sûr d’avoir raison en tout et pour tout et toujours content de lui… Même quand il reste sans voix quand Guigou lui lance : « vous êtes le poisson-pilote de Sarkozy dans les eaux de Le Pen ».

Il se veut un candidat atypique : « pas un de ces poulets élevés en batterie »… Il dénonce la « cleptomanie » des débats par le Ségoland et le Sarkoland. Il est contre l’Europe qui nous fait perdre « vitalité, identité, souveraineté » et réduit le Président de la République en un « René Coty sans les chrysanthèmes et à la Reine d’Angleterre sans son chapeau ». Et il est sûr que les Français vont voir ce qu’il va montrer et entendre ce qu’il va dire. Dans cette campagne il veut « casser la baraque »
>>> Joli partage des rôles chez les Le Pen. Sur le plateau de « chez FOG » sur la Cinq, Marine confirme le bond qualitatif qu’elle a réussi à faire dans ses prestations. Sourires séducteurs, voix bien posée et calme, arguments lancés avec une force de conviction indéniable, refus des surenchères populistes qui ont fait « l’image « du FN. Elle peut « faire de la casse » dans une partie de l’électorat.

Le papa, lui, qui n’a rien d’un vieil homme « cassé » a montré à quel point on a du mal à « changer » même quand on a d’incontestables qualités de comédien. Samedi soir, il a joué à fond, jusqu’à « se casser la voix », dans le registre qu’il adore : la peur qu’il dénonce pour l’entretenir, la cultiver, l’amplifier .Et en profiter.
La peur ? Les peurs plutôt. Chez soi, dans la rue, au bureau, dans les écoles, dans les transports, dans les hôpitaux, dans les assiettes… Et sur les plages ! « Au moment de Tchernobyl, j’étais à Nice. J’ai senti subitement une brûlure. C’était le nuage ».Très radioactif, Le Pen ? Rétroactif, plutôt. Il en irradie ses supporters. Un point de détail : il ne s’est évidemment pas mentionné dans les sources de peur. Regardez Marine : elle est rassurante…Un charme qui devient cassant. Et le FN vient d’effacer un lien fasciste sur son site. Alors ? Il n’a qu’une peur Le Pen, c’est que les Français aient peur… de ne plus avoir peur et prennent conscience que l’âge adulte se caractérise d’abord par la capacité de surmonter ses peurs. Mais n’est pas le Chevalier Bayard qui veut. Le Pen reste un « casse-tête » (chinois) pour tous les « partis de gouvernement »
>>> Il en est un qui surmonte ses peurs : c’est José Bové. Il attend les derniers sondages avant de se lancer dans la course, mais il n’attend pas le résultat de son pourvoi en Cassation (le 7 février). Une décision qui risque pourtant de lui faire mener campagne depuis une prison ! Incassable, Bové.

Il n’a pas peur mais il reste prudent. Selon le JDD, José Bové se réserve la possibilité de mettre un terme à la course électorale (à casser les amarres) le 11 mars après une évaluation de la dynamique qui sera lancée le 1er février.
Le PCF et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) déplorent évidemment la démarche de l'homme du Larzac, qui risque de « casser » la donne à la "gauche de la gauche" Des militants le mettent en garde contre une « aventure personnelle ». Déjà, les 35 000 signatures de la pétition lancée sur le Net lui ont, paraît-il fait « chopper la grosse tête ». Nul besoin d’OGM pour changer un homme : la popularité et la soif de pouvoir sont des engrais naturels… Mais on ne va pas lui « casser du sucre sur son dos »

>>> Dominique Voynet aussi risque se pâtir de la candidature atypique de Bové. Il arrive même (comme Ségolène) devant elle dans le hit-parade des défenseurs de l’écologie réalisé pour France 3 et France Info.. Mais ne lui en parlez pas. Elle ne veut plus entendre parler ni de sondage ni de Hulot ni de tous ce qui peut la contrariée et lui « casse les oreilles » Seul son « contrat écologique » compte… avec les négociations Verts-Ps pour les investitures aux législatives.
« A gauche toute », ont titre bien des journaux après son meeting de lancement… Pourtant Ségolène est plus qu’égratignée. Dominique lui « casse les reins » : Il faudrait que les socialistes "gouvernent pour changer vraiment" et qu'il y ait "dans le bouquet de la gauche, beaucoup d'écologie". Et Ségolène Royal a une "propension inquiétante à surfer sur ce qu'on croit être la volonté de l'opinion" : elle devrait "dire ce qu'elle veut faire" et non "ce que chacun veut entendre". Elle n’est pas la seule à le dire. Mais cela va venir, paraît-il. Comme le livre « participatif » annoncé sur Internet ? Un projet d’avant campagne qui a été… « cassé ». Comme l’élan qu’elle a eu au moment de son investiture. Ressort cassé pour la « serial bourdes ». mais l’air de la Martinique lui donne l’espoir de réparer le ressort cassé

>>> Déjà « cassé » aussi l’un des projets de Sarkozy. Et là il ne s’agit pas d’un produit d’édition. Nicolas Sarkozy ne prévoit finalement pas de généraliser la formule du Contrat nouvelle embauche (CNE). Ce n’est pas lui qui annonce ce retrait, c’est son porte-parole Xavier Bertrand qui a « cassé le morceau » :
« Le CNE, avec 800.000 contrats signés et 240.000 créations d'emplois, a montré que l'assouplissement de notre droit du travail permettait de libérer les embauches. Mais il a aussi des défauts comme l'absence de la motivation de rupture du contrat et une période d'essai beaucoup trop longue. Notre intention n'est donc pas de la généraliser », dit-il dans un entretien au journal La Tribune. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, non ? Surtout sur des sujets « casse-cou »
Mais Xavier Bertrand confirme que Nicolas Sarkozy va réformer le droit de grève dans les services publics, les universités et les administrations s'il est élu à l'Elysée. Sans avoir besoin de changer la Constitution… si le conseil Constitutionnel ne « casse » pas le projet, bien sûr.
Pardon d’avoir tirer sur la corde au risque d’avoir cassé votre attention. Tout a une fin : « Tout passe, tout lasse, tout casse »
Daniel RIOT

Précision: "cassé", c'est "changer" ou "être en rupture". ce n'est pas "tout casser^"(république comprise)
Au risque de casser quelques effets faciles de ce texte (qui indirectement montre que "casser" peut être négatif ou positif) je reprends les précisions données(tard dans la nuit) par l'AFP à partir d'un communiqué d'un député PS antillais. Traduire, parfois, c'est trahir...En l'occurence, il n'y a pas de quoi se casser les dents ou le cou.
Député de la Guadeloupe et secrétaire national du PS aux DOM-TOM, Victorin Lurel, s'est déclaré "scandalisé par l'exploitation "éhontée," par l'UMP, de la traduction inexacte d'une expression créole", utilisée la veille par Ségolène Royal. Il est "scandaleux que l'expression créole +nou ké cassé ça+ ait été traduite par +nous allons tout casser+".
"Nou ké cassé ça, ça veut dire que nous allons changer ça", a ajouté M. Lurel, qui a précisé qu'une chanson créole connue reprenant cette expression avait été diffusée à l'issue du meeting de Mme Royal samedi aux Abymes.
M. Lurel affirme que "l'UMP ne connaît rien aux départements antillo-guyanais". "C'est faire preuve d'ignorance et d'inculture crasse que de faire croire que le mot +kacé sa+ en créole veut dire +casser la République+ alors que cela veut dire +changer les choses+", écrit le dirigeant PS ultramarin.
Le député estime "scandaleux que l'UMP qui, cinq ans durant, a abandonné l'Outremer, qui a tout cassé au sens premier du terme et tout abîmé, n'a pas financé le logement social, a fait perdre 600 millions d'euros au budget de l'Outremer et, pour tout dire, pratiqué un cartiérisme honteux et un largage insidieux, s'en prenne aujourd'hui à Ségolène Royal".
Selon le journaliste de l'AFP en poste depuis de nombreuses années en Guadeloupe, l'expression créole "nous ké cassé ça" peut être traduite par "nous allons changer ça" et, dans son acception la plus extrême, par "nous allons entrer en rupture".Dont acte. Tout cela est à prendre avec le sourire, bien sûr. Ségolène n'a rien d'une "casseuse de République", C'est l'évidence... Personnellement, cela me donne envie d'entendre des chansons créoles et de retourner faire un petit tour aux Antilles.
21:40 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, royal, sarkozy, bové, voynet
06/01/2007
Carnet de campagne: de l'art du stratagème...

Une coquine, Corinne !… Elle sait se mettre à la page, Mme Lepage… Il est vrai qu’avec les conseils et le soutien actif du brillant et bouillant André Bercoff, cet « agitateur de presse », elle appris l’art d’user voir d’abuser des pseudonymes… Lui a été entre autres Caton, Philippe de Commines ou Casanova. Elle a été Catherine Médicis, le temps d’une pré-campagne et d’une belle opération éditorialo- marketing, en libraires et sur le web…
En cette époque où le paraître importe plus que l’être, il faut parfois savoir se masquer pour avancer, se cacher pour mieux se montrer, se dissimuler pour mieux se mettre en relief. « Pour se faire entendre, dans ce pays, aujourd’hui, quand on n’est ni PS ni UMP, il faut utiliser un stratagème », dit-elle…En huit mois de stratagème, Corinne a réussi à bien vendre son « J’arrive », à accueillir plus de 40 000 mails sur le site anonyme, ou presque

« Il fallait tendre un miroir qui réfléchisse », explique, sérieusement, Bercoff. Et les deux coquins-malins en tirent un nouveau livre déjà en vente, y compris sur Amazon, un jour après le 5 janvier, date annoncée et respectée des masques levés. Après le pamphlet : un programme.

Tant pis pour ceux (plus coquins encore ) qui voyaient (avec un sourire malicieux) derrière Catherine Médicis, Catherine M., autrement dit Millet, celle qui a un sens de l’écologie qui n’a rien à voir (autant qu’on en puisse en juger) avec celui de l’avocate d’affaire …
>>>L’opération Lepage-Bercoff est tout de même plus amusante que le lancement de la campagne de la cheftaine du PC. Elle manque vraiment de coffre Mme Buffet (pardon, ce n’est pas bon !).
>>>Il est vrai que la cheftaine des Verts n’est guère plus inspirée. Mme Voynet a une excuse : l’hypothèque Hulot est toujours au-dessus sa tête et sous ses pieds.
>>> On plaisante, mais toutes ses aspirantes au pouvoir suprême n’ont pas les moyens le Sarkozy qui lui aussi utilise un joli stratagème : sortir plus d’un milliard d’euros qu’il n’a pas et qu’il distribue à la Corse…Le ministre de l‘Aménagement du territoire a-t-il en réserves d’autres crédits à distribuer (ou plutôt promette) dans d’autres Régions ? Sarko n’a pas besoin de se masquer derrière un pseudo : il avance à visage découvert, en jouant seulement avec ses diverses casquettes et ses multiples cassettes… En toute bonne conscience. Serein, le ministre-candidat!
>>>On dit qu’il quittera « l’intérieur » le 14 janvier. Peut-être. Le Canard croit savoir que Baroin le remplacera place Beauvau. Pourquoi pas ? Les pratiques bananières de Sarkozy devraient s’en trouver plus limitées…Il est temps, non ? Mais j'en crois la dernière livraison du Monde, rien n'est sûr. Sarko "n 'en est pas à un mois près".il le dit lui-même.Ei paraît que Chirac tient à ce qui reste en place.Ah bon!
>>>Une déception, ce samedi (jusqu’à présent) : Chirac privé de cérémonie des vœux (sauf ceux de Corrèze qu'on attend) n’a pas pu annoncer de nouvelles mesures pour les cinq ans à venir et prendre des engagements que Sarkozy, s’il est élu, ne pourrait pas tenir.
>>> Chirac n’a pas non plus faire la leçon au « petit prétendant ». Son discours sur l’état du monde fait vendredi devant le corps diplomatique ne restera pas dans les annales (comme le dernier discours de Mitterrand devant le Parlement européen, par exemple), mais Saro-l’admirateur de Bush se souviendra sûrement de ce passage qui ne visait pas que le Président américain :
« Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak a précipité des bouleversements qui n'ont pas fini de dérouler leurs effets. La France a refusé de participer à l'intervention armée américano-britannique du printemps 2003 en Irak. Les attentats meurtriers sont aujourd'hui quotidiens dans ce pays, où quelque 130.000 soldats américains sont déployés. Cette "aventure" a "exacerbé les clivages entre communautés", "ébranlé l'intégrité même de l'Irak", "fragilisé la stabilité de l'ensemble de la région" et "offert au terrorisme un champ d'expansion »
C'est l'occasion de rappeler une donnée de base : ce n’est pas un premier ministre que nous allons élire. C’est d’abord le premier Représentant de la France et des Français et le premier Responsable de la paix et de la guerre. Un enjeu trop souvent passé sous silence. Mais la campagne ne fait que commencer…
17:15 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, lepage, bercoff, chirac sarkozy, buffet, voynet, corse










